L'annexe de LAGRANGE cornprend le château et la ferme de LAGRANGE, les maisons situées sur la route nationale et les maisons situées sur la rue de la Barrière.

Le château de LAGRANGE fut le siège d'une seigneurie luxembourgeoise : la seigneurie de LAGRANGE encore appelée seigneurie de MANOM. Celle-ci comprenait la cense de Weltershof ou Schauwenburg, actuellement incluse dans la commune de Hettange-Grande, une partie du village de MANOM, le château et la ferme de LAGRANGE, une partie
du village de Garche ainsi que la cense de Freihof à Êlange.

La seigneurie de LAGRANGE apparaît à l'origine partie intégrante de la seigneurie de Meilbourg et restera longtemps e à celle-ci. Ce n'est qu'en 1467 qu'elle deviendra une seigneurie à part entière du Duché de Luxembourg. Le premier seigneur de LAGRANGE connu est Guillaume de SCURA dit VON SCHURE ou SCHEURE, cité en 1106. Le nom de LAGRANGE apparaît à cette époque sous sa forme germanique ancienne SCURA ou encore SCURIA, SCHURE. On trouve par la suite SCHEUREN en 1340, LA GRANGE-ES-LUXEMBOURK en 1350, SCHUREN en 1382, SCHURE en 1388, SCHUREN en 1440, GRANGIA en 1453, SCHUEREN en 1459, SCHEUWREN en 1466, SCHÜREN en 1581, SCHEUEREN en 1589, SCHEU-REN en 1592, SCHEUREN en 1621, SCHEUERN, SCHEUEREN, SCHEUREN au XVIle siècle. A partir du XVe siècle apparaît la traduction française LA GRANGE ou LAGRANGE. On trouve également dans Certains documents les formes latines HORREUM ou GRANGIA. Le nom authentique est le nom germanique et les formcs françaises ou latines ne sont que des traductions. Au XVIlle et au XIXe siècle, la forme française LAGRANGE semble avoir pris le dessus, mais en 1871, suite à l'annexion, le hameau retrouve son nom germanique de SCHEUERN qu'il reperd en 1918. Le toponyme SCHEUERN vient de l'allemand SCHEUER (la grange). La forme du moyen-haut-allemand SCHIURE et celle du vieux-haut-allemand SCIURA expliquent bien les anciennes formes moyen-âgeuses. Le toponyme LAGRANGE signifie donc tout simplement le lieu où l'on conserve les grains, la grange. Selon la tradition, cette dénomination daterait de l'époque carolingienne et LAGRANGE aurait été l'endroit où l'empereur Charlemagne conservait son grain.

Le hameau de LAGRANGE, formé par les maisons qui, à la sortie du parc du château, longent la route conduisant de Thionville à Hettange-Grande, date du XV[Ile siècle. La dénomination francique de ce hameau est SCHAIER, mais la plupart des manomois emploient la forme française LAGRANGE et disent par exemple: «Mir gin op LAGRANGE».

En 1728, un nommé SOURIS fonde une brasserie dans le hameau de LAGRANGE. En 1820, les KIFFER -MANGIN en deviennent propriétaires. Après la guerre de 1870, la famille BARTHÉLÉMY en fera l'acquisition. Le dernier propriétaire sera Jean-Pierre KEMPF qui exploitera cette brasserie jusqu'en 1930.

Au début du XIXe siècle, LAGRANGE possédait encore un lavoir public situé au lieu-dit « Fer à Cheval» sur la route nationale. Il fut supprimé vers 1830 et pris dans l'enclôture du parc du château. En 1844, la statistique de Verronnais signale pour LAGRANGE 164 habitants et une tuilerie. En effet, avant 1870, existait à l'endroit de la maison de garde du château une tuilerie. Autrefois, il y avait encore au château de LAGRANGE une faïencerie, une huilerie et un pressoir.

Au début du XXe siècle, le hameau de LAGRANGE conprend 28 maisons. Au cours du siècle, deux usines vont s'y installer : les établissements SCHOLTES et FRINGANT.

Maison Rouge

Situé sur la route de Luxembourg, entre Lagrange et Hettange-Grande, l'annexe de MAISON-ROUGE est aussi appelée ROTHAUS ou ROTHOF en allemand. En francique, on dit de ROOTHAFF ou encore UM BIERG. Cet endroit est sans doute habité depuis l'antiquité car le lieudit MAISON-ROUGE correspond souvent à des hôtelleries gallo-romaines.

A
vant 1584, la plus grande partie des terres et des prés de MAISON-ROUGE faisait partie du THIELMANSDRISCH, grande friche du ban de MANOM qui commençait à la MAISONROUGE et s'étendait à droite et à gauche de la route de Luxembourg jusqu'aux bornes qui séparaient les bans de MANOM et de Hettange, ainsi que du Vveltershof ou ferme de Schauwenburg.

On sait que vers 1650, il existe à cet endroit une ferme dont les maîtres étaient probablement les Seigneurs de Berg ou de Cattenom. Ce qui est sÛr, c'est qu' elle ne dépendait pas de la seigneurie de Lagrange.

Au XVIlle siècle, on trouve à ce endroit une auberge appelée LE CAVALIER D'ORDONNANCE. Celle-ci disparaîtra en 1815. Quelques noms d'aubergistes du CAVALIER D'ORDONNANCE nous sont connus : LEPICIER, MÉDOC, OURY. Le dernier aubergiste qui tint l'établissement de 1800 à 1815 fut Antoine SOURIS. Après la fermeture du CAVALIER D'ORDONNANCE, celui-ci s'installa à LAGRANGE, route de Luxembourg.

Vers 1815, les KIFFER-MANGIN deviennent propriétaires de la ferme de MAISON-ROUGE.

En 1814, les prussiens forcèrent les habitants de Garche, Cattenom et Hettange-Grande à venir élever un retranchement dérWière ce hameau, pour se protéger contre les sorties de la garnison bloquée à Thionville. En 1844, on signale à MAISON-ROUGE 52 habitants, une ferme et une tuilerie. En 1900, ce hameau se compose de cinq maisons.

En 1930, une nouvelle concession d'auberge sera accordée à la famille KRÉMER-GINSBACH. Elle n'est plus exploitée depuis de nombreuses années. Actuellement cette annexe comprend la ferme de Monsieur LÉONARD, la laiterie des frères MARX et une quinzaine de maisons d'habitation.

Sainte Marie

C'est en 1690, qu'il est pour la première fois question d'une ferme à SAINTE -MARIE, située sur la Keltenstraissen, proche du Kieselbach. Le terme Keltenstraissen, désignant l'actuelle route de Mondorf, signifie «route des Celtes» et démontre que cette route existait déjà à l'époque celtique. Encore aujourd'hui, les manomois appellent cette route d'KELTESTREESSCHEN. Cette ferme était probablement la propriété des Seigneurs de Berg qui possédaient des terres aux alentours et notamment des vignes à moins qu'elle ne dépendât des Seigneurs de Meilbourg.

Il n'est plus question ensuite de SAINTE-MARIE jusqu'en 1830, date à laquelle le propriétaire de l'époque, Michel CURÉ, percepteur à Thionville, cède la ferme à son fils jean-Bernard, notaire à Thionville. Celui-ci la transforme alors en un château. En 1844, Verronnais signale 6 habitants au château de SAINTE -MARIE.
En 1871, Louis Charles Émile CU

>RÊ, connu aussi sous le nom de BÉVA, un «Bâinumm» que lui avaient donné les manomois, hérite de ses parents décédés le château de SAINTE-MARIE avec ses dépendances. Il décèdera au château en 1888 sans laisser d'héritiers.

En 1889, le baron Ernest-Léopold VON WEDEL, un ancien officier allemand, acquiert le château. Il décède en 1904 et est enterré dans le parc du château. Sa tombe s'y trouve encore aujourd'hui. A sa mort, le château passe à une famille parente : les VON HOLLINGER.

En 1911, les frères Henry et Alfons LÉVY deviennent propriétaires du chteau.-Ceux-ci vont démanteller la proprieté en vendant toutes les terres des alentours à des particuliers. En 1920, ils vendent le château et ce qu'il reste du domaine de SAINTE-MARIE à Frédéric STAPPEL, dentiste à Thionville, dont les descendants sont actuellement les propriétaires. Malheureusement, le château laissé à l'abandon depuis la mort de Mme STAPPEL il y a onze ans, est devenu une ruine. Pillé par les gens du voisinage pour décorer leur maison à bon marché, son toit s' est effondré il y a peu de temps. Dépouillé de ses cheminées et de ses plafonds sculptés qui faisaient sa valeur historique, ce n'est plus aujourd'hui qu'un tas de ruines irrestaurables et il ne reste plus qu'à dire merci aux «très respectables» vandales des alentours.

SAINTE-MARIE s'appelle en aile-;î mand DER MARIENHOF et en francique DE MARIENHAFF. A MANOM, on emploie aussi en francique la forme française: SAINTE-MARIE.

Rosenberg.

Situé entre Lagrange et Guentrange, à la limite du domaine de Lagrange ainsi que du ban de MANOM, le ROSENBERG se compose au début du siècle de trois maisons : deux sur le ban communal de MANOM, une sur le ban de la ville de Thionville.

Avant la Révolution, le ROSENBERG faisait partie de la Seigneurie de Lagrange et a toujours fait partie de cette Seigneurie. C'est là, dans les deux maisons situées à MANOM, qu'habitaient autrefois les vignerons du château de Lagrange. Le ROSENBERG était en effet la zone viticole de la Seigneurie de Lagrange et dans les documents datés du XVIe siècle, il est mainte fois question du ROSENBERG, situé à proximité du couvent de Marienthal ou Nonnenscheuer.

Dans un autre document datant de 1584, il est question des vignes situées au ROSSEMBERG. Par ce document, le seigneur de Lagrange cédait au curé REIMLINGER de MANOM une journée de terre pour cultiver la vigne. La journée est une unité de superficie qui représentait la surface labourable en un jour. En 1662, un autre document signale le ROSSEMBERG comme une possession de la Seigneurie de Lagrange.

En francique, on désigne cette annexe sous le nom de ROSEBIERG. La municipalité de Thionville à francisé la partie thionvilloise du ROSENBERG en «Côte-des-Roses». En fait, la traduction exacte serait plutôt «la colline aux églantiers» car le vocable ROSE signifie toujours en toponymie le rosier sauvage, c'est à dire l'églantier.