Depuis l'époque celte, la présence de l'homme est attestée sur le ban de MANOM. Il est très probable que celle-ci remonte au néolithique. Le village actuel, de construction franque, est cité pour la première fois en 1050. A cette date, la plus grande partie de manom appartient aux seigneurs de MALBERG ou MEILBOURG. L'ABBAYE SAINT MAXIMIN près de TREVES y a aussi des possessions. Par la suite, MEILBOURG cède une partie de MANOM pour former la SEIGNEURIE DE LAGRANGE. Le premier seigneur DE LAGRANGE connu est GUILLAUME VON SCHEURE qui, en 1106, s'empare de certains biens de l'abbaye SAINT MAXIMIN. Les seigneurs DE BERG possédaient aussi des rentes et des droits a MANOM. DE 1050 à 1266, L'ABBAYE DE HESSE possédait également des biens a manom. dépendant de la prévôté de THIONVILLE, MANOM est annexe avec celle-ci a la france par le traité des pyrénées en 1659 et entre dans la province des trois-évechés. En 1753, les derniers SEIGNEURS de MEILBOURG, LES DE GÉVIGNY, Vendent à RENÉ FRANÇOIS DE FOUQUET, SEIGNEUR DE LAGRANGE, la plus grande part de ce qu'ils possédaient à MANOM, y compris la juridiction. MANOM est situé sur les bords de la moselle a 3 kilometres au nord-est de thionville et a 31 kilometres au nord de metz.

Partagé sous l'ancien régime entre la seigneurie de LAGRANGE et celle de MEILBOURG, MANOM est aujourd'hui une commune ainsi qu'une paroisse et possède comme annexe le château et la ferme de lagrange, le hameau de lagrange, maison-rouge, sainte-marie, Rosenberg et jusqu'en 1850 la cense de weltershof ou schauwenburg.

MANOM est cité pour la première fois en 1050 sous le nom de MONHEIM.

On trouve par la suite dans les divers cartulaires et documents de l'époque MUNEHEM en 1270, MONHEIM en 1290 MONHEIM PROCHE THIONVILLE en 1290, MUNHEIM au XIlle siècle, MANHEFEN en 1341, MONEHEM et MONHEM au XiVe siècle, MONHEIM en 1448, MOENHEM en 1473, MOENHEYM en 1501, MANHEM en 1525, MONHEM en 1537, MONCHEM, MONCHEN et MOUNHOFFEN en 1544, MONHOVEN en 1572, MANOME en 1582, MANHOVVEN au XVIle siècle, MANHOFFEN en 1606, MANOME en 1676, MONEM et MONOM en 1681, MONHOFFEN et MANOM au XVI lie siècle, MANUM en 1706, MANOM au XIXe siècle. Lors de l'annexion de 1870, MANOM prend officiellement le nom germanique de MONHOFEN. Il reprend la forme francisée MANOM en 1918.

Le véritable nom de MANOM, utilisé encore aujourd'hui par la population francicophone du village est MUNNOWEN avec l'accent placé sur le U bref. Notons que dans les villages situés plus au nord de Thionville, on fait diphtonguer le 0 et on prononce MUNNUEWEN. Cette dernière forme est celle du francique unifié. On constate que les formes utilisées au XVIe siècle MOUNHOFFEN et MONHOVEN sont très proches de la prononciation actuelle.

Ce nom de MUNNOWEN, typiquement franc, montre bien que le village actuel date de l'établissement des peuplades franques dans notre région. On peut le décomposer en deux parties : le préfixe MUNNO-qu'on trouve aussi sous la forme MONNO-ou MANNO-et qui désigne un patronyme germanique; le suffixe -HOWEN ou -HOFFEN qu'on va trouver aussi sous la forme -HEIM ou -HEM, qu' on francisera en -OM ou -EM ou -UM et qui signifie la ferme, la censé (cf. l'allemand HOF). MANOM est donc la ferme ou le domaine de MUNNO, chef franc qui dut le premier construire une ferme à l' emplacement de l'actuel village de MANOM.

En 1790, MANOM devient une commune du canton de Cattenom. Ce canton comprenait à l'époque les villages de Berg, Boust, Haute et Basse Parth, Cattenom, Fixem, Garche, Gavisse, Kœcking, MANOM et Sentzich. En 1795, Hettange Grande et Sœtrich rejoindront ce canton. Suite à des démarches faites par Nicolas SCHWARTZ, maire de MANOM de 1816 à. 1821, MANOM sera retiré du canton de Cattenom et réuni à celui de Thionville par ordonnance royale en juillet 1816. En 1964, MANOM va former avec les villages de Basse-Yutz, Haute-Yutz, Illange et Terville le tout nouveau canton de BasseYutz qui devient en 1971 le canton de Yutz, à la suite de la fusion de HauteYutz et de Basse-Yutz.

Le village est traversé par un ruisseau appellé KANDEL. Celui-ci est également nommé ruisseau de MANOM ou MONHOFENERBACH. Le nom de cette rivière est d'origine celtique. Il contient la racine CAND qu'on retrouve dans deux autres rivières du Pays Thionvillois : la Canner et la Gander. Le nom du CANDEL comme celui de la Canner ou de la Gander provient d'une ancienne forme : CANDARA. Le premier élément CANDest un mot celte i signifie «blanc» ou encore «brillant» 7cuf. le breton moderne KANN) . Le deuxième élément -ARA, qu' on trouve aussi dans CARAnusca (le ruisseau pierreux : la Kisel) ou dans UdERA (le ruisseau vif : le ruisseau d'Oudrenne) est pré-indoeuropéen et signifie «eau» ou «ruisseau». En basque, seule langue préindoeuropéenne qui a survécu jusqu'à nos jours, on retrouve cette racine dans la forme URA : l'eau. Le KANDEL est donc k ruisseau blanc ou le ruisseau brillant.

L'église paroissiale est dédiée à Notre Dame de l'Assomption et la fête patronale fut jusqu'en 1860 célébrée le jour de l'Assomption. Depuis, elle a lieu le 8 septembre, jour de la Nativité de Notre Dame. Au Moyen4ge et jusqu'à la Révolution de 1789, les Seigneurs de Lagrange et de Meilbourg avaient le droit àl'occasion de la fête patronale de faire la première danse et aussi de vendre leur vin. Le Seigneur de Lagrange désignait pendant deux années consécutives les cabaretiers qui devaient vendre, pendant les jours de fête, du vin pour son compte. Le vin fourni par les Seigneurs était donc débité à leur profit. Eux-mêmes fixaient le prix de vente. Pendant ce temps, aucun autre vin ne pouvait être vendu sous peine d'amende. Les officiers de la justice avaient la charge de contrôler ce débit. La troisième année, ce droit appartenait au seigneur de Meilbourg.